Agnès Champault : Productrice de céréales


  


L'EXPLOITATION

La ferme d'Eve : le paradis d'Agnès. L'exploitation d'Agnès entre dans la catégorie des fermes de grandes cultures. Agnès avoue aimer les céréales : « c'est comme ça !». Elle gère son exploitation en collaboration avec Pierre, 26 ans, qui travaille également sur l'exploitation familiale de ses parents à Autheuil-en-Valois convertie partiellement au bio, et avec Antony, 21 ans, aujourd'hui à temps partiel et pour qui les projets de diversification de l'activité pourraient permettre de s'installer à temps plein.

Ses champs se situent principalement entre Eve et le Plessis-Belleville. La ferme est certifiée AB par Ecocert. Quand on demande à Agnès mais « à quoi bon cultiver bio quand on est si proche d'un aéroport comme Roissy ? », elle répond « la pollution est partout… je fais ce que je peux à mon niveau et je trouve ça bien qu'il y ait aussi du bio produit aux portes de Paris ». Des champs et une passion hérités de son père Agnès a repris l'exploitation de son père, 192 ha de champs et pâtures.

Il y a 40 ans, son père a été un pionnier du bio et a transmis à ses filles sa sensibilité au naturel ; cela n'a toutefois pas été sans difficulté. En effet, difficile d'être différent et de subir le regard et les critiques des voisins. Cultiver « bio » à l'époque était considéré par certains comme contraire aux règles du fermage qui stipulent que les terrains doivent être entretenus « en bon père de famille ». Ne pas désherber était inenvisageable… ce qui a d'ailleurs obligé, il y a une vingtaine d'année, Agnès à reprendre et fait de l'élevage à sa manière (entretien de la micro-faune du sol !). Son père cultivait également un peu de betteraves mais a arrêté à l'époque de sa conversion considérant que la période de récolte et les engins utilisés induisaient des tassements du sol importants.

 

CULTURE ET USAGE

Agnès cultive 3 variétés de blé tendre : Renan, unblé court, Pyrénéo et Ataro des blés hauts (jusqu'à la ceinture). Tous ces blés sont barbus car «ils se battent plus facilement».
Ses blés ont un rendement moyen de 35 quintaux par hectare monté à 50 depuis l'achat d'une bineuse à caméra qui permet de désherber mécaniquement entre les rangs. A titre indicatif, dans la région le rendement moyen des blés cultivés est d'environ 100 qx/ha. Agnès cultive également du grand épeautre qui doit être décortiqué et dont le gluten est plus facilement assimilable que celui du blé, du petit épeautre ou engrain sur 30 ha environ qu'il est difficile de mener au bout car plus difficile à désherber, du seigle transformé par le Moulin de Saint Vaast (62), de l'orge de printemps qui pourra être « brassicole » si la qualité est au rendez-vous, des féveroles de printemps destinées à l'alimentation animale (bovins et poules pondeuses), des lentilles vertes dont Agnès a débuté la culture il y a 4 ans et qu'elle vend à un opérateur de Bornel (60), du lin brun oléagineux qu'il faut broyer avant incorporation dans le pain pour lui faire perdre ses propriétés laxatives, des semences de pois protéagineux, des engrais verts (luzerne et trèfle violet) pour fixer l'azote de l'air et « fertiliser » naturellement les terrains. Pour améliorer la fertilité des terrains, elle épand également un peu de mélasse, un résidus
issu de la transformation des betteraves sucrières. Une partie des engrais verts est récoltée pour les animaux des parents de Pierre (son collaborateur principal). Moudre à la ferme : la concrétisation d'un rêve, la perspective d'un emploi Agnès a fait l'acquisition du moulin en 2007 pour satisfaire un vieux rêve. Aujourd'hui, faute de temps à lui consacrer, le moulin fonctionne occasionnellement pour elle-même et pour quelques amis.

Le projet d'installation d'Antony constitue pour Agnès une opportunité de valoriser cet investissement. Ce moulin est une chance pour Antony de créer une activité capable de lui dégager un salaire. Il s'agit d'un moulin à meule de pierre fabriqué dans le Morbihan : un granit du Tarn façonné selon la technique des frères Astrié. A la différence des moulins à cylindre qui éclatent le grain, ce type de moulin présente l'avantage de conserver le germe. Son rendement est moins important, environ 40 kg de farine par heure.
En fonction du réglage, il est possible de produire différentes moutures du T65 jusqu'au T130 : la farine T65 est la plus raffinée utilisée en pâtisserie, la T130, la plus complète.
Le gradient est fonction du taux de son incorporé. La machine permet de conditionner automatiquement la farine en sac de 25kg.




LES DIFFERENTS RESEAUX DE DISTRIBUTION

Ventes à la ferme, ainsi que par le réseau des AMAP.